MENDES (M.)

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MENDES MURILO (1901-1975)

Né à Juiz de Fora (Minas Gerais), le poète brésilien Murilo Mendes passa son enfance dans cette ville, avant d’entreprendre chez les Salésiens de Niterói des études qu’il interrompit en 1920. Il s’établit alors à Rio de Janeiro, où il exerça divers métiers. Selon ses propres déclarations, les trois expériences qui l’ont le plus marqué sont l’apparition de la comète de Halley (1910), qui lui donna la révélation de la poésie, le passage à Rio de Nijinski (1916) et la fréquentation du peintre Ismael Néri, qu’il rencontra en 1926. En 1934, il revient au catholicisme qui avait imprégné son éducation. En 1940, il épouse Maria da Saudade Cortesão, fille de l’écrivain portugais Jaime Cortesão. Atteint de tuberculose, il se soigne de 1940 à 1945. À partir de 1953, il accomplit diverses missions en Europe. En 1957, il s’installe à Rome, où il enseigne la littérature brésilienne.

Murilo Mendes appartient à la seconde vague issue de la Semaine d’art moderne de 1922, celle qui commence à déferler vers 1930. Cette seconde génération de poètes modernistes est, tout autant que la première, en révolte contre le passé, mais elle est plus ouverte aux thèmes universels. Tout en restant toujours en prise directe avec le terroir brésilien, dont les deux pôles sont pour lui Juiz de Fora et Rio de Janeiro, Murilo Mendes sera vraiment un «citoyen du monde».

La première œuvre de Murilo Mendes, Poemas , commence par des pochades ironiques, mais débouche bientôt sur des pièces à la fois hermétiques et fascinantes où s’exprime une sorte de délire onirique qui mêle les temps, les lieux et les êtres. Mais les grands thèmes qui surgissent là sont déjà ceux de toute son œuvre postérieure: l’obsession de la femme, la séduction du «monde des formes», l’appel de Dieu, l’intuition d’une autre vie. Après la parenthèse constituée par História do Brasil , O Visionário continue sur la lancée de cette poésie vertigineuse. Puis brusquement, avec Tempo e Eternidade , l’inspiration religieuse fait irruption et emporte tout, en larges versets au souffle grandiose. Mais ce bel équilibre est de courte durée: avec Poesia em pânico apparaît un homme déchiré entre les forces contraires de la grâce et du péché; la Femme l’obsède, sous la double forme de la Muse (qu’il appelle Bérénice) et de la Bien-Aimée du Cantique des cantiques , figure de l’Église. Les trois recueils suivants (As Metamorfoses , Mundo Enigma , Poesia Liberdade ) sont hantés par les images de la guerre, que vient compenser l’évocation d’un heureux et paisible amour. Puis le ton change une nouvelle fois avec Contemplação de Ouro Preto , Siciliana et Tempo espanhol : retrouvant les rythmes classiques de la poésie populaire de langue portugaise, Murilo Mendes fait revivre l’atmosphère baroque d’Ouro Preto, la capitale du Minas Gerais à l’époque coloniale, puis évoque la Sicile et l’Espagne. Murilo Mendes a également publié une œuvre en prose, dont on peut signaler O discípulo de Emaús (1944) et A Idade do serrote (1968). Ce dernier livre est un recueil de souvenirs d’enfance.

L’essence de la poésie de Murilo Mendes est un effort pour exprimer, en une langue entièrement libre et spontanée, une vision «catholique» du monde où toutes choses prennent un sens à travers la diversité des lieux et des temps, et malgré l’infini surgissement des formes.

Son œuvre poétique comprend essentiellement les recueils suivants: Poemas , écrit de 1925 à 1929 (publié en 1930); História do Brasil , 1932; O Visionário , 1930-1933 (publ. 1941); Tempo e Eternidade , 1934 (publ. 1935); A poesia em pânico , 1936-1937 (publ. 1938); As metamorfoses , 1938-1941 (publ. 1944); Mundo Enigma , 1935 et 1942 (publ. 1945); Poesia Liberdade , 1943-1945 (publ. 1947); Contemplação de Ouro Preto , 1949-1950 (publ. 1954); Siciliana , 1954-1955 (publ. 1959); Tempo espanhol , 1955-1958 (publ. 1959). Murilo Mendes a publié deux recueils d’ensemble de ses œuvres: Poesias (1959), Antologia poética (1964). Poesias contient, à peu de choses près, la totalité de sa production jusqu’à Siciliana .

Encyclopédie Universelle. 2012.

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